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samedi 27 août 2011

Scopitones...

Depuis que j'en parlais, voici enfin le post-it sur les Scopitones.
Enfin, plutôt une copie double grands carreaux qu'un petit post-it...

C'était au temps des yéyés, du magazine "Salut les Copains" et de l'émission "Age tendre et tête de bois". C'était les années 1960.
Pour les plus jeunes qui n'ont pas connu cette époque (d'ailleurs, moi non plus), voilà de quoi éclairer vos lanternes sur la saga des Scopitones en France.
NB : pour cet historique, j'ai pris beaucoup de notes sur le site scopitone.free.fr. Merci à eux de partager leurs connaissances.

Les Scopitones sont un genre de juke-box à images que l'on trouvait dans les cafés dans les années 1960. Petite révolution : les "clips" diffusés étaient en couleur, alors que la télévision familiale a progressivement eu accès à ces nouvelles teintes seulement à partir de 1967.
Un charme naïf se dégage de ces vidéos, aux titres improbables, aux effets kitchs et aux images rougies par le temps.
A l'époque, 1 franc permettait de choisir un titre, et d'en faire profiter par la même occasion toute l'assemblée.


Scopitone dans un café en 1963, diffusant Le Jazz et la Java, de Nougaro


Chaque appareil contenait 36 films au format 16mm, souvent en faible qualité (par comparaison avec la HD actuelle) car l'écran n'était pas bien grand... Pour l'époque, les scopitones mettaient quand même la barre très haute au niveau du son et de l'image.
Par manque de budget, la mise en scène était assez sommaire...
Du coup, cela ressemble souvent -avec la qualité d'images que l'on connait maintenant- à des films faits à la maison, en famille, avec 3 bouts de ficelle. Et quelquefois, les scopitones sont travaillés, originaux et restent gravés en mémoire. Notez d'ailleurs que de futurs grands réalisateurs sont passés par la case "scopitones" à leurs débuts : c'est le cas de Claude Lelouch qui a tourné "Belles, belles, belles" de Claude François en 1962.



Dans les années 1970, les choix industriels des fabricants de Scopitones et l'augmentation des émissions TV musicales mettront fin à ces appareils dans les cafés.

Une seconde vie attend les machines. Elles sont alors utilisées dans les bars de l'immigration maghrébine pour remettre du baume aux cœurs des travailleurs fatigués, avec un nouveau catalogue de chansons plus orientales (que vous avez pu redécouvrir récemment avec le projet "Origines Controlées" des frères Mouss et Hakim Amokrane, du groupe Zebda). Idir, Mohamed Mazouni, Noura et Kamel Hamadi, Oukil Amar ou Slimane Azem sont autant de chanteurs de l'exil.
Voici le titre "Zwits Rwits" d'Idir, en 1976.




Je ferme la parenthèse sur les scopitones du Maghreb et du Moyen-Orient car je n'ai pas assez de connaissances pour développer cette partie (mais je suis toujours en quête de nouvelles informations, si vous en connaissez un peu plus).


En ce qui concerne la chanson française, de nombreux scopitones ont été tournés : impossible de tous vous les montrer. Voici les vidéos à ne pas rater d'après moi (par ordre chronologique, parce que je n'arrive pas à les classer) :

"Itsi Bitsi Petit Bikini" de Richard Anthony, en 1960
Un des plus anciens, mais des plus réussis.



"Mon Truc en Plumes" de Zizi Jeanmaire, en 1961



"Le Jazz et la Java" de Claude Nougaro, en 1962
Aussi réussi visuellement que "Itsi Bitsi Petit Bikini", avec tout le talent de Nougaro pour les paroles et la musique.



"Les Playboys" de Jacques Dutronc, en 1966
Tout l'humour sérieux et charmeur de Dutronc dans cette vidéo...



"Le Telefon" de Nino Ferrer, en 1967



"2 minutes 35 de Bonheur" de Sylvie Vartan et Carlos, en 1967
Des effets spéciaux vraiment kitch !



Enfin, comment finir ce "Best Of Scopitones" sans la mythique "Harley Davidson" de Brigitte Bardot, en 1967




En vrac, d'autres scopitones plus ou moins célèbres :
1960 : Boby Lapointe - Aragon et Castille
1961 : Jacques Brel - Madeleine
1963 : Sheila - L'école est finie
1964 : France Gall - Laisse tomber les filles
1964 : Henri Salvador - Zorro est arrivé
1965 : Christophe - Les Marionnettes
1966 : Johnny Hallyday - Noir c'est Noir
1966 : Pierre Perret - Les Jolies Colonies de Vacances
1968 : Sandie Shaw - Le Temps des Fleurs
1968 : Serge Gainsbourg & Brigitte Bardot - Comic Strip
1969 : Michel Delpech - Wight is Wight

lundi 25 juillet 2011

5 versions de "(I can't get no) Satisfaction"

Encore un post à plusieurs vidéos ! J'espère que vous avez plus de 3 min devant vous...

Le titre "(I can't get no) Satisfaction" a fait l'objet de nombreuses reprises. Et toutes celles que je connais sont excellentes, preuve que le morceau était de qualité dès l'écriture et la composition, sans même avoir besoin d'arrangements.
En parlant de la naissance de la chanson, vous devez savoir qu'elle est due aux 2 leaders des Rolling Stones : Mick Jagger pour les paroles et Keith Richards pour la musique. L'histoire dit que ce dernier se réveilla en pleine nuit avec la mélodie en tête, qu'il prit sa guitare, enregistra le riff légendaire de la chanson, et se rendormit (sans arrêter l'enregistrement, qui contenait donc quelques ronflements !).

enregistreur Star-lite ST666
Un enregistreur qui aurait pu servir à Keith Richards dans la nuit...
Copyright: www.radiophile.com


Je vous propose 5 versions différentes de ce titre : à vous de choisir votre préférée ou de m'en proposer de nouvelles !

La version originale, par les Rolling Stones (sortie en single le 5 juin 1965, puis sur l'album "Out of our Heads")



Voici maintenant une interprétation d'Otis Redding, en live en 1966.
Il chanta "Satisfaction" peu de temps après les Rolling Stones puisqu'il l'a enregistré sur l'album "Otis Blue / Otis Redding Sings Soul" sorti le 15 septembre 1965 soit 3 mois après la sortie du single des Stones.



Une version d'Aretha Franklin (reprise en 1967):



Ensuite, on saute quelques années pour arriver à un magnifique mais déroutant duo. Quand Bjork et PJ Harvey reprennent "Satisfaction" aux Brit Awards en 1994 (jamais enregistré)...



Et enfin, une version pour laquelle j'ai eu beaucoup de mal à savoir si c'était la chanson des Rolling Stones ou un morceau original : la sensuelle et envoutante reprise de "Satisfaction" par Cat Power (enregistrée en 2000 sur l'album "The Covers Record").



samedi 23 juillet 2011

Le Club des 27

Le Club des 27 compte parmi ses membres tous les chanteurs et musiciens influents morts à 27 ans. La plupart sont morts de leurs excès, d'autres de façon brutale.
Ce club est entouré d'un genre de superstition pour les rockstars qui est, vous l'aurez compris, celle de mourir à l'âge de 27 ans et ainsi rejoindre le temple des martyrs du Rock.

27


En fait, j'ai eu l'idée de ce post hier en écoutant Janis Joplin.
Il me semblait qu'à notre époque, personne ne pouvait avoir influencé la musique en mourant aussi jeune que les Jimi Hendrix, Janis Joplin, ou même Otis Redding (qui a été refoulé aux portes du Club des 27 à quelques mois près). Car on parle d'eux bien après leur mort, et leur popularité ne se mesure pas à un seul titre mais à un ensemble de morceaux, d'anecdotes.
Et en me creusant les méninges, j'ai pensé qu'Amy Winehouse avait le profil : elle a marqué durablement (à mon avis) la soul music et elle avait un mode de vie plutôt Rock'n Roll (entre alcool, drogues, rehab et prison). De plus, même si je n'étais pas sûre de son âge, elle avait l'air "dans les temps". Je pensais donc sa mort prochaine.

Et croyez-moi ou non : là, l'actu me rattrape...
J'étais en train de vous préparer un post-it sur les Scopitones (qui arrivera très bientôt donc) lorsqu'on m'a annoncé la mort d'Amy Winehouse.
J'avance donc un peu la publication de ce post-it consacré au Club des 27.

Voici, par ordre chronologique, les principaux membres de ce club (vous remarquerez que l'année 1970 a été particulièrement ravageuse).

Robert Johnson (1911 - 1938)
Guitariste de blues qui a inspiré les plus grands : Hendrix, Clapton, Dylan...
La légende dit qu'il a passé un pacte avec le diable pour devenir un virtuose de la guitare. Il laisse à sa mort 29 chansons seulement, mais qui ont influencé de nombreux artistes.
Les circonstances de son décès n'ont jamais été éclaircies : empoisonné par un homme jaloux ou mort suite à une maladie (syphilis, pneumonie) ?

Bien sûr, ce n'est pas un clip vidéo d'époque pour ce "Sweet Home Chicago"


Brian Jones (1942 - 1969)
Fondateur des Rolling Stones, dont il a été guitariste et multi-instrumentiste (cithare, marimba, saxo...) de 1962 à 1969.
Arrêté à plusieurs reprises pour possession de drogues, père de 6 enfants conçus avec 6 femmes différentes, sa vie a suivi le letmotiv "Sex, Drugs & Rock'n Roll".
Il a été retrouvé mort noyé dans sa piscine, sous l'emprise de drogues et d'alcool. Une autre hypothèse affirme qu'il aurait été assassiné.

Avec les Rolling Stones, Brian Jones joue sur cette vidéo de "Lady Jane" du dulcimer (sorte de cithare posée sur ses genoux)


Alan Wilson (1943 - 1970)
Co-fondateur du groupe Canned Heat, chanteur, guitariste et harmoniciste.
Il aurait succombé à une overdose, même si des théories de suicide ont été avancées (il avait déjà essayé de mettre fin à ses jours auparavant).

Alan Wilson est sur cette vidéo live de "On The Road Again" à l'harmonica et au chant, en 1970.


Jimi Hendrix (1942 - 1970)
Chanteur et génie de la guitare électrique, fondateur du Jimi Hendrix Experience. Il n'a publié de son vivant que 3 albums studios : "Are you Experienced", "Axis : Bold as Love" et "Electric Ladyland".
Comme ses camarades de l'époque Woodstock, il use et abuse d'alcool et de drogues, notamment le LSD.
Il meurt étouffé dans son vomi sous l'effet d'un cocktail drogue-alcool-médicaments, et la thèse d'un meurtre a été évoquée.

Jimi Hendrix en live sur "Hey Joe", solo de guitare avec les dents inclus.


Janis Joplin (1943 - 1970)
Chanteuse blues qui s'est distinguée par sa voix rauque. 4 albums de son vivant.
Rebelle, libérée, elle brûle la vie par les deux bouts. Elle consomme du speed, de l'héroïne, et bien sûr sa boisson favorite : le Southern Comfort, liqueur de Louisiane à base de whisky et de pêches.
Elle meurt d'une overdose d'héroïne à la fin de l'enregistrement de son album "Pearl", deux semaines après la mort de Jimi Hendrix. Conformément à ses dernières volontés, ses amis burent à sa santé sa dernière tournée (posthume).

Janis Joplin en live en 1970 à Toronto, sur "Cry baby"


Jim Morrison (1943 - 1971)
Chanteur et leader du groupe rock The Doors de 1965 à 1971 avec lequel il enregistra 6 albums studios.
Lui aussi profite de la vie, consomme du LSD et de l'alcool de façon excessive. Il aura quelques problèmes avec la justice et sera reconnu coupable "d'outrage aux bonnes moeurs" et "d'exhibition indécente".
Engagé, mystique, sa réputation de poète maudit devient une légende lorsqu'il meurt dans des circonstances obscures. La version la plus répandue étant que Jim Morrison est mort d'une crise cardiaque dans sa baignoire.

Jim Morrison et The Doors interprètent "Back Door Man" en 1969.


Ron "Pigpen" McKernan (1945 - 1973)
Fondateur du groupe Grateful Dead, dont il fut le chanteur, clavier et harmoniciste de 1965 à 1973.
Il est mort d'une hémorragie digestive, suite à ses problèmes hépatiques héréditaires aggravés par l'abus d'alcool.

Pigpen et Grateful Dead sur le blues "Next Time to See Me", en 1972 à Copenhague.


Dave Alexander (1947 - 1975)
Bassiste du groupe The Stooges dans la 1ère formation, il enregistra sur les 2 premiers albums.
Il fut exclu du groupe en 1970 suite à sa trop grande consommation d'alcool.
Il serait mort d'une pneumonie ou de malnutrition.

Dave Alexander accompagne Iggy Pop pour une des dernières fois lors d'un live endiablé à Cincinnati en 1970.


Kurt Cobain (1967 - 1994)
Chanteur et guitariste du groupe Nirvana de 1987 à 1994, avec qui le grunge a été popularisé. 3 albums studios.
Tout au long de sa vie, la dépression ainsi que des douleurs intenses à l'estomac l'ont suivies. La seule chose qui le soulageait, dit-il, était l'héroïne...
Kurt Cobain est officiellement mort d'un suicide par arme à feu, mais la thèse de l'assassinat a aussi été évoquée.

Kurt Cobain, quelques semaines avant sa mort, joue "Come as you are" avec Nirvana.


Amy Winehouse (1983 - 2011)
Chanteuse dans un style soul ou jazz, old-school. 2 albums studios.
Connu autant pour sa voix et pour son look décalé que pour ses frasques, elle est la dernière à avoir rejoint le club.
Alcoolique et toxicomane, ses nombreux séjours en "rehab" n'auront pas été suffisant à la désintoxiquer.
Les circonstances de sa mort sont (à l'heure où j'écris) encore inconnues.

Cette vidéo de "Back to Black" n'est pas l'une des plus récentes, mais ses dernières prestations n'étaient pas vraiment des plus réussites


mardi 7 juin 2011

Elvis Presley - Fever (live)

Cette chanson se devait de faire partie de la playlist PISLP. J'ai pourtant longuement hésité avant de vous proposer cette vidéo...

Pour moi, la meilleure interprétation de "Fever" reste la version studio, qui a été enregistrée par Elvis pour la première fois en 1960 sur l'album "Elvis is Back" (vous pouvez l'écouter dans la playlist générale en haut de page).
Ce morceau a tout d'abord été chanté par Little Willie John en 1956, puis repris par Peggy Lee qui en fit un tube en 1958 avec ses célèbres claquements de doigts. Viennent ensuite Elvis donc, ou plus récemment, Beyonce Knowles.

Pourquoi j'ai hésité à diffuser cette vidéo ? Trop de cris de groupies, trop de minauderies de la part du King (si tant est qu'un homme puisse minauder)...
Du coup, ça devient kitsch, mais c'est aussi cette ambiance qui fait le charme de ce live.

Il s'agit de la version de Fever en concert en 1973 à Hawaï, par Elvis Presley, "The King".



Pour la petite histoire, ce concert a été filmé lors de ce que l'on peut appeler l'évènement "Aloha in Hawaii".
Il s'agit du premier concert retransmis en direct via satellite, dans le monde entier. Pour éviter que l'évènement ne se transforme en catastrophe, 2 captations ont été faites à Hawaï : le 12 janvier 1973 (la version de secours en quelques sorte, s'il y avait eu une quelconque panne), et le 14 janvier 1973 (le concert qui a réellement été diffusé en direct).

Elvis Presley à Hawaï


Vous avez certainement en mémoire l'image d'Elvis et son collier de fleurs lors de ce concert à Hawaï, que l'on ne retrouve pas dans la vidéo ci-dessus... La raison : le Fever que je vous propose est celui "de secours", celui du 12 janvier.

Et une dernière anecdote : pour ces 2 concerts, l'entrée était "au chapeau". Chacun donnait ce qu'il pouvait, et les dons ont été reversés à la fondation Kui Lee contre le cancer (Kui Lee, chanteur hawaïen, dont Elvis reprennait "I'll Remember You").

samedi 19 février 2011

Nina Simone - I Want a Little Sugar in My Bowl

Commençons ce blog par des bases solides.
De celles dont je n'aurais pas à rougir dans quelques mois, lorsque je relirai ce premier billet musical.

Voici donc ma chanson du jour.




Pourquoi cette chanson ? Et bien voilà : il était une fois...
Il y a 3-4 ans, je me suis lancée dans l'écoute d'un Best Of Nina Simone un peu par hasard dans un "supermarché culturel", car je n'avais rien trouvé de croustillant à acheter. Sachant que je n'avais jamais pris le temps d'explorer ses œuvres, je tente...
Et là, le choc !
Cette voix incroyable ! Une sensibilité et une atmosphère dans laquelle j'étais complètement absorbée.
Et donc, achat du CD pour pouvoir l'écouter tranquillement une fois à la maison.



"I want a little sugar in my bowl" n'est pas la seule chanson de Nina Simone qui m'ait marquée.
Citons aussi les interprétations de "Cotton Eye Joe", "My baby just cares for me" et "Feeling good" parmi tant d'autres.

Oui, je sais, c'est pas récent-récent... Mais ça fait pas de mal.

Bonne écoute !

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